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NOUVELLE

Sa Majesté Sinkam Happi IV, Roi des Bana, poursuit paisiblement
ses études scolaires à Dschang

Agé de 21 ans, Sa Majesté Sinkam Happi IV s'est inscrit dans un collège à Dschang.

" Le chef n'est pas là. Il est déjà parti à l'école. " Le visiteur se rendant à la chefferie supérieure Bana un dimanche après-midi, ne devrait pas être étonné d'entendre cette phrase. Pour accroître son potentiel intellectuel, le Fo'o Sinkam Happi IV, 21 ans, est inscrit depuis trois ans, dans un collège à Dschang. Elève en classe de 4ème année de mécanique automobile au moment de son accession au trône en mars 2003, il s'est par la suite orienté vers l'enseignement général.  Ainsi de lundi à vendredi, il troque ses vêtements auréolés des symboles du pouvoir contre un uniforme scolaire. " Ce n'est pas évident d'être à cheval entre la chefferie et l'école. Mais je tiens le coup ", souligne-t-il. Avant de poursuivre : " L'école n'a pas de limites. Tant que l'on vit, on est appelé à s'instruire. Je lis beaucoup, c'est cela qui fait ma force. " A cet effet, cette autorité s'efforce d'entretenir des relations ordinaires avec ses camarades. "

Les premières années, ils ne savaient pas qui j'étais. Mais dès lors qu'ils ont commencé à me voir à travers les écrans de télévision, les choses ont changé. Cependant, je les comprends. Ainsi, je leur fais savoir que l'on doit se comporter entre potes. Le chef Bana est à Bana et non à Dschang ! Tout se passe sans complexe", explique-t-il.

Cependant, la donne change de retour au village le vendredi soir. Une autre facette du Fo'o Sinkam Happi IV rejaillit. " Il n'y a pas de jeunes rois, argumente-t-il. Je l'ai toujours dit. Physiquement, vous constatez que je suis un jeune. Mais moralement, je suis un vieillard. Pourquoi ? Je passe principalement mon temps avec ces derniers. C'est grâce aux sages conseils qu'ils me prodiguent que je me sens vieux, et prends des grandes décisions sans toutefois regretter. " A écouter ses propos, on comprend facilement qu'il n'est pas assis au trône, simplement pour la parade. Ouvert et méthodique, ce jeune chef mesure amplement la grandeur de sa tâche. " Je suis constamment occupé. Je dois travailler sans relâche pour l'épanouissement de tous les Bana. Il faut que Bana progresse ", soutient-il d'un ton pédagogique. Seulement, les batailles entre les différentes forces vives engagées dans ce processus viennent un peu compliquer les données. Surtout que la majorité des dignitaires dudit groupement disposent des fortunes colossales.

Loin de dramatiser la situation, le n°1 des Bana pense plutôt que " les Bana aiment leur village. Chaque élite veut que le développement passe par lui. Mais pour éviter des débordements, je prône constamment de l'amour entre les fils de ce village. Et ça marche. " Cet élément conforte l'idée que le Fo'o Sinkam Happi VI jouit d'une bonne réputation au sein de sa communauté. D'ailleurs, la voix tout comme la démarche pondérée qu'il essaye d'adopter traduisent bien qu'il n'était pas distrait lors de son initiation au La'akam. Sur des questions liées à la philosophie, au droit, à l'émancipation de la femme, le jeune Fo'o des Bana a sa petite idée. Quant à l'avenir des jeunes, le chef confesse qu'" ils doivent avoir espoir. Car quelqu'un a dit sans espoir, il n'y a pas de raisons de vivre. Aussi, faut- il que le gouvernement fasse confiance à la jeunesse. "

Guy Modeste Dzudie